FOIRE AUX QUESTIONS

Qu’est-ce-que la méthanisation ?

La méthanisation est une technique intéressante pour la gestion des déchets organiques puisqu’elle permet un double bénéfice de valorisation organique et énergétique. Le document explique les fondamentaux de la méthanisation tels que les réactions biologiques et les conditions favorables à la production de biogaz. (température, pH, milieu anaérobie, etc.).
Il fait également le point sur les techniques disponibles, la réglementation en place, les impacts environnementaux et la rentabilité des installations de méthanisation.
Des exemples d’installations et quelques questions réponses finalisent le document et apportent des précisions aux diverses interrogations, notamment concernant les perspectives de développement de la filière méthanisation.
Cette fiche technique fournit un aperçu complet/global des clés de compréhension ainsi que de nombreuses références et sites internet pour aller plus loin.

Qu'appelle-t-on biogaz ?

Il s’agit d’une énergie issue de la fermentation de matières organiques animales ou végétales telles que les effluents d’élevage, les sous-produits agricoles, les déchets industriels, les ordures ménagères ou les boues de station d’épuration. Cette fermentation est due à la digestion des matières par des bactéries anaérobies (se développant en l’absence d’oxygène). Le processus de fermentation est aussi appelé méthanisation. Le biogaz peut fournir de l’énergie sous différentes formes : électricité et chaleur, mais aussi un gaz. Ce biogaz peut être utilisé comme carburant (bioGNV, ou être injecté dans les réseaux de gaz.

Le biogaz est-il une énergie renouvelable ?

OUI. Le biogaz a un bilan carbone neutre car la quantité de dioxyde de carbone dégagée lors de sa combustion est identique à celle captée pour générer la matière organique dont il est issu. Le biogaz est une énergie renouvelable qi résulte d’un processus de valorisation des déchets organiques générés par le flux continu de l’activité industrielle, agricole et domestique ou par les cycles de vie des végétaux. Selon l’ADEME, à l’échelle mondiale, ces ressources renouvelées représentent chaque année un volume d’énergie équivalente à l’ensemble de la consommation annuelle globale de gaz naturelle fossile.

Quels sont les principaux avantages du biogaz ?

En plus d’être une énergie renouvelable, elle permet de traiter des déchets organiques, de créer des emplois locaux non délocalisables et de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il peut être produit de façon prévisible sans dépendre des conditions climatiques. Cette énergie renouvelable produite en continu est complémentaire à celles produites de façons variables comme l’énergie solaire ou éolienne. Sa caractéristique principale est que ce biogaz se transforme en biométhane après épuration pour devenir un remplaçant au gaz naturel. Injecté dans le réseau de gaz existant, il peut être transporté loin et à moindre coût ainsi que facilement stocké. Transformé en carburant, il peut se substituer au gazole. Le reliquat des matière organique (digestat) obtenu après la méthanisation remplace les engrais chimiques.

Où en est le développement de la filière biogaz en Europe ? En France ?

L’Europe compte plus de 14 000 unités de méthanisation. L’Allemagne est leader incontesté (8 000 unités) suivie de l’Italie et du Royaume-Uni produisant respectivement 13% de la production du biogaz en Europe.  Même si la production d’énergie issue du biogaz a été en hausse régulière ces dernières années, le rythme de progression ralentit depuis 2013. Les filières britannique, française et danoise sont en plein essor.

En France, la production d’énergie primaire issue du biogaz a progressé notamment grâce à un dispositif incitatif d’aides publiques. Fin 2014, l’ADEME dénombrait 389 installations de production et de valorisation du biogaz, mais aussi 80 sites industriels, 185 méthaniseurs agricoles, 88 installations de méthanisation des boues de station d’épuration, 23 installations de méthanisation territoriales et 11 installations de méthanisation des déchets organiques des ménages.

Quelles sont les ressources pour produire du biogaz ?

Les matières premières dont la fermentation produit du biogaz sont très nombreuses : les déjections animales produisent peu de méthane mais sont riches en bactéries impliquées dans la réaction de la méthanisation. Les matières végétales comme les résidus de récolte ou encore les déchets de silos, de céréales ou de fruits et légumes ont souvent de forts potentiels méthanogènes. Des cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE) peuvent aussi être utilisées pour « nourrir » le digesteur. Les déchets et résidus des industries agro-alimentaires, des grandes surfaces, des collectivités ou des restaurants sont aussi utilisés. Les déchets animaux, quant à eux, doivent subir des prétraitements pour éliminer les germes potentiellement présents.

Comment est produit le biométhane ?

Le biométhane est le résultat de l’épuration du biogaz. Celle-ci consiste d’abord à retirer le sulfure d’hydrogène, très corrosif. L’épuration permet ensuite de retirer le CO2 et d’éliminer les substances indésirables ce qui a pour effet d’augmenter la teneur en méthane. Une fois épuré, le biométhane est compressé et odorisé pour être injecté dans les réseaux de gaz naturel.

Quels sont les usages du biométhane ?

Chauffage, cuisson, eau chaude sanitaire, process industriels et carburant… les usages du biométhane sont strictement similaires à ceux du gaz naturel, seulement il s’agit d’une énergie 100% renouvelable. Le biométhane carburant, appelé bioGNV, est la version renouvelable et locale du GNV (gaz naturel véhicule) qui est lui d’origine fossile.

Qu'est-ce que le digestat, que contient-il ?

Le digestat (ou digesta) (à ne pas confondre avec le compost) est un des deux résidus, au même titre que le biogaz, issu du processus de méthanisation (digestion anaérobie) de matières organiques. Dans la réglementation française actuelle, le digestat est considéré comme un déchet et non comme un produit commercialisable. Il présente une bonne valeur agronomique et ne comporte pas de risques sanitaires, ainsi il peut être épandu sur les parcelles agricoles selon n plan d’épandage encadré administrativement. En faisant maturer le digestat par compostage et ainsi en répondant à la norme NFU-44051, les exploitants de méthanisateurs ont la possibilité de revendre le digestat comme engrais

Le digestat peut-il polluer les sols ?

Le digestat est un fertilisant organique riche en azote. Pour éviter tout apport excessif non absorbé par les plantes, les agriculteurs déterminent précisément les dates et volumes de digestat à apporter. Les agriculteurs utilisent des techniques d’enfouissement du digestat pour ne pas permettre la volatilisation d’ammoniac transformé en N2O. Concernant les éléments-traces métalliques (ETM), les digestats issus de méthaniseurs agricoles en contiennent des quantités négligeables. Le digestat issus de méthaniseurs d’ordures ménagères urbaines est aussi susceptible de contenir des ETM et des éléments indésirables (plastiques, verre, etc…). Dans ces deux cas, les digestats sont contrôlés spécifiquement et, en cas de défaut, sont envoyés vers des centres d’enfouissement ou des incinérateurs.

Une installation de biogaz est-elle dangereuse pour les riverains ? Créée-t-elle des nuisances ?

Un site de méthanisation n’est pas plus dangereux qu’une station-service. Les sites de méthanisation ne sont d’ailleurs pas classés « installations dangereuses Seveso ». Le risque d’explosion est pratiquement nul sur les sites de méthanisation, car ils ne réunissent pas simultanément les trois facteurs qui peuvent les provoquer à savoir : atmosphère confinée, présence d’oxygène et de méthane, présence d’une flamme ou d’une étincelle. De plus, les normes de construction sont très contraignantes afin que tous les équipements soient parfaitement étanches.

Par ailleurs, le procédé de méthanisation en lui-même est silencieux. Les sources potentielles de bruit sont le transport des matières entrantes, le fonctionnement des moteurs de cogénération et éventuellement la ventilation. Le procédé de méthanisation ne créée pas d’odeurs. Au contraire, il l réduit en remplaçant les matières non digérées et laissées en fermentation « libre » par un digestat beaucoup moins odorant.

Vers qui se tourner pour la mise en place d'un projet de méthanisation ?

Dans chaque région, il existe des organismes qui aident les porteurs de projet de méthanisation. Les directions régionales de l’ADEME apportent un conseil pour définir le projet et une information sur les dispositifs d’aides. Les chambres d’agricultures départementales et régionales sont engagées dans l’accompagnement et sont des contacts privilégiés pour les porteurs de projet agricole/industriel. Il peut aussi exister des agences locales de l’énergie actives pour le développement de la méthanisation. Les chambres de commerce et d’industrie apportent aussi un soutien.

Qu'est-ce que rev3 ?

La Troisième révolution industrielle en Hauts-de-France, appelée rev3,  c’est une dynamique collaborative, qui fourmille de projets, c’est plus de 700 projets suivis, un investissement à la fois public et privé estimé à 500 millions d’euros/an, plus de 14 millions d’euros déposés par des citoyens sur le livret d’épargne Troisième révolution industrielle en moins de 2 ans, un fonds d’investissement inédit de 40 millions d’euros destiné au financement d’entreprises désireuses de développer leur projet en Hauts-de-France et à créer des emplois. Devenir l’une des grandes régions européennes de l’économie et du monde de demain. Une réalité qui est en train de devenir un rêve pour tout le territoire et qui a trouvé son signe de ralliement : « rev3 ».

http://rev3.fr/http://rev3.fr/

Qu'est-ce que la loi de transition énergétique pour la croissanc everte (LTECV) ?

La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) publiée au Journal Officiel du 18 août 2015, ainsi que les plans d’action qui l’accompagnent visent à permettre à la France de contribuer plus efficacement à la lutte contre le dérèglement climatique et à la préservation de l’environnement, ainsi que de renforcer son indépendance énergétique tout en offrant à ses entreprises et ses citoyens l’accès à l’énergie à un coût compétitif. La LTECV couvre les différents domaines clés de la transition énergétique et contient de nombreuses mesures :

  • De rénovation du parc de bâtiments existants
  • D’amélioration de la performance énergétique et environnementale des bâtiments neufs
  • De développement des transports propres
  • De lutte contre les gaspillages et de promotion l’économie circulaire
  • De développement des énergies renouvelables
  • De renforcement de la sûreté nucléaire
  • De simplification des procédures et de clarification du cadre de régulation
  • De lutte contre la précarité énergétique

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